Par Jawher Chatty : Quant la Justice va, tout va

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Après la révolution du 14 janvier 2011, les espoirs étaient grands de voir la Tunisie devenir progressivement un État de droit. Un État de droit où tout un chacun, qu’il soit agent public ou opérateur privé accomplir son travail selon des règlements clairs et où tout citoyen aura l’assurance et l’absolue garantie de pouvoir jouir de ses droits comme précisé dans les textes, comptant sur un pouvoir judiciaire indépendant et efficace ,capable de rendre justice de manière rapide.
Dix ans sont passés et en la matière c’est l’immense déception. Le pouvoir politique qui avait depuis une décennie pris les commandes dans le pays, dominé par un esprit partisan, animé par la mentalité du butin avait malheureusement privilégié cet aspect dangereux, donnant libre cours au clientèlisme politique, au mercato politique, transformant la chose publique et les hautes institutions de l’Etat en un marché de négoces régi par les intérêts des corporations et des grandes entreprises.
Aujourd’hui, c’est pire. L’amoncellement d’un passif sans doute lourd , très lourd ne justifie à cet égard absolument rien.
Quand un citoyen en arrive à désespérer de la Justice de son pays, quand le droit et la loi deviennent des valeurs marchandes dans les coulisses des tribunaux et les cabinets d’avocats, il ne faudrait demain pas venir crier au départ vers d’autres cieux plus cléments de véritables patriotes, immensément citoyens.
Quand la Justice fait défaut, c’est toute une société qui s’écroule. Cest le grand Ibn Khaldoun qui nous le dit. Et c’est aujourd’hui d’une toute particulière acuité.

Jawhar Chatty




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Source: tunisienumerique